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La vision de Victor Hugo de l’Islam

Même si Victor Hugo est internationalement connu pour sa littérature, sa poésie et ses positions contre l’absolutisme, peu de gens savent qu’il s’est également engagé dans la défense de l’Islam, à une époque où la haine contre l’islam rongeait déjà la société.

Ses opinions religieuses

Les opinions religieuses de Hugo ont radicalement changé au cours de sa vie. Dans sa jeunesse et sous l’influence de sa mère, il s’identifie comme catholique et professe le respect de la hiérarchie et de l’autorité de l’Église. Il devient ensuite un catholique non pratiquant et exprime de plus en plus des opinions anticatholiques et anticléricales. Il a fréquenté le spiritisme pendant son exil (où il a également participé à de nombreuses séances dirigées par Madame Delphine de Girardin) et, plus tard, il s’est installé dans un déisme rationaliste similaire à celui épousé par Voltaire. En 1872, un recenseur demanda à Hugo s’il était catholique, et il répondit : « Non. Un libre penseur ».

Prise de distance avec l’église

Après 1872, Hugo n’a jamais perdu son antipathie envers l’Église catholique. Il estimait que l’Église était indifférente au sort de la classe ouvrière sous l’oppression de la monarchie. Peut-être était-il également contrarié par la fréquence à laquelle son œuvre apparaissait sur la liste des livres interdits par l’Église. Hugo a compté 740 attaques contre Les Misérables dans la presse catholique. Lorsque ses fils Charles et François-Victor sont morts, Hugo a insisté pour qu’ils soient enterrés sans crucifix ni prêtre. Dans son testament, il a fait la même stipulation concernant sa propre mort et ses funérailles.

Pourtant, il croyait en la vie après la mort et priait chaque matin et chaque soir, convaincu, comme il l’écrivait dans L’homme qui rit, que « l’action de grâce a des ailes et vole vers sa juste destination. Votre prière connaît son chemin mieux que vous ».

Le rationalisme de Hugo se retrouve dans des poèmes tels que Torquemada (1869, sur le fanatisme religieux), Le Pape (1878, anticlérical), Religions et Religion (1880, niant l’utilité des églises) et, publiés à titre posthume, La fin de Satan et de Dieu (1886 et 1891 respectivement, dans lesquels il représente le christianisme comme un griffon et le rationalisme comme un ange). Vincent van Gogh attribue à Hugo la phrase « Les religions passent, mais Dieu reste », en réalité de Jules Michelet.

Changement d’opinion de Victor Hugo sur l’Islam

On ne sait pas exactement comment la transition et le changement d’opinion d’Hugo sur l’Islam se sont produits, mais on peut le voir à travers ses poèmes qui, lentement mais sûrement, en viennent à soutenir l’Islam.

L’année est 1858. Hugo a 56 ans et vient de commencer la rédaction de son poème épique La Légende des siècles, peu après son accès de mysticisme et sa période spirite de 1853 à 1856. Il écrit « L’an IX de l’Hégire », qui traite de la mort de Mohamed, puis « Le Cèdre », un poème symboliste peu connu. Comme l’explique si bien Théophile Gautier, La Légende des siècles « regarde l’Homme à travers les ombres. Son sujet est l’Homme ou plutôt l’humanité. (…)

Pour faire le portrait de Mahomet, il se plonge dans le Coran au point qu’on pourrait le croire fils de l’Islam « ,

faisant preuve d’une empathie qui a donné lieu, il y a quelques années, à la spéculation selon laquelle il se serait converti à cette religion à la fin de sa vie.

Hugo a publié “Le Cèdre” et a situé l’islam dans une perspective humaniste universelle

Hugo a composé « Le Cèdre » du 20 au 24 octobre 1858, peu de temps après le meurtre, le 15 juin, des consuls français et britannique à Djeddah, alors sous domination ottomane. Ce jour-là, la population locale avait déclenché une émeute pour protester contre l’emprise croissante de la lutte britannique sur l’économie, et avait massacré vingt-trois Européens, un événement qui fit la une des journaux et choqua profondément et durablement l’opinion publique française. Les éditorialistes ont imputé le massacre au « fanatisme ». Ils ont dépeint les musulmans comme des « ennemis du nom chrétien qu’ils devraient honorer et bénir », comme l’a écrit la grand-mère du général de Gaulle en 1859, en réaction à cette tragédie.

Hugo s’inscrit en faux contre la clameur médiatique dénigrant l’Islam en situant cette religion dans une perspective humaniste universelle. « Le Cèdre » établit un dialogue mystique entre le calife Omar (qu’il orthographie Omer) et saint Jean l’Évangéliste, d’une part, et entre Djeddah, origine mythique de l’humanité, et la Grèce, source imaginaire de la civilisation européenne. S’il place Omar à Djeddah plutôt que dans sa ville d’origine, La Mecque, ou dans sa capitale, Médine, les deux premières villes saintes de l’Islam, c’est parce que Djeddah est depuis toujours la ville d’Eve, mère de tous les hommes, et qu’à ce titre elle peut aussi prétendre à être qualifiée de « sainte » dans l’esprit du poète.

Poème de Victor Hugo « Le Cèdre »

Omer, scheik de l’Islam et de la loi nouvelle
Que Mahomet ajoute à ce qu’Issa révèle,
Marchant, puis s’arrêtant, et sur son long bâton,
Par moments, comme un pâtre, appuyant son menton,
Errait près de Djeddah la sainte, sur la grève
De la mer Rouge, où Dieu luit comme au fond d’un rêve,
Dans le désert jadis noir de l’ombre des cieux,
Où Moïse voilé passait mystérieux.
Tout en marchant ainsi, plein d’une grave idée,
Par-dessus le désert, l’Égypte et la Judée,
À Pathmos, au penchant d’un mont, chauve sommet,
Il vit Jean qui, couché sur le sable, dormait.
Car saint Jean n’est pas mort, l’effrayant solitaire ;
Dieu le tient en réserve ; il reste sur la terre
Ainsi qu’Énoch le Juste, et, comme il est écrit,
Ainsi qu’Élie, afin de vaincre l’Antéchrist.
« Le Cèdre », extrait.

Dans ce long et majestueux poème, composé en vers alexandrins, Hugo met en scène le calife Omar se promenant sur la plage de Djeddah, et prend soin de le munir de sa canne, célèbre dans l’historiographie musulmane. Le second successeur de Mohamed rencontre un vieux cèdre, auquel il ordonne de s’arracher à la roche dans laquelle il est enraciné et de s’envoler « au nom du Dieu vivant » pour rejoindre l’évangéliste saint Jean, auteur du livre de l’Apocalypse, endormi sur la plage de l’île grecque de Patmos. L’allusion de Hugo au Dieu « vivant » confirme le rôle d’éveillé à la vie confié au cèdre dans le poème. Ce voyage onirique n’est pas sans rappeler l’isra et le mi’raj ou voyage nocturne du prophète Mohamed, de la Mecque à Jérusalem, symbolisant le lien entre l’Islam et les deux autres grandes religions monothéistes. Ainsi, le cèdre associe les livres de la Genèse (Eve) et de l’Apocalypse au Coran dans un abrégé mystique de l’histoire humaine.

 » C’est l’histoire entendue aux portes de la légende  » pour reprendre la préface de Hugo. Il établit également un pont symbolique entre un Orient enraciné à Djeddah et un Occident apocalyptique, à travers un dialogue œcuménique entre le calife Omar et saint Jean l’évangéliste. Hugo fait preuve d’une réelle connaissance de l’Islam lorsqu’il donne à Jésus son nom arabe, Issa.

L’an IX de l’Hégire un éloge funèbre du prophète Mohamed

Ce texte, qui dresse un portrait du prophète dans les derniers moments de sa vie, illustre parfaitement la connaissance que Victor Hugo avait de l’Islam – tant de la Sunna, la tradition islamique qui relate les paroles et les actes du Prophète, que du Coran – ainsi que le respect qu’il avait pour la culture musulmane.

Il semblait avoir vu l’Éden, l’âge d’amour,
les temps antérieurs, l’ère immémoriale.
Il avait le front haut, la joue impériale,
Le sourcil chauve, l’œil profond et diligent,
Le cou pareil au col d’une amphore d’argent,
L’air d’un Noé qui sait le secret du déluge.
Si des hommes venaient le consulter, ce juge
Laissant l’un affirmer, l’autre rire et nier,
Écoutait en silence et parlait le dernier.
Sa bouche était toujours en train d’une prière ;
Il mangeait peu, serrant sur son ventre une pierre ;
Il s’occupait lui-même à traire ses brebis ;
Il s’asseyait à terre et cousait ses habits.
« L’an IX de l’Hégire », extrait.

Le poète français, Théophile Gautier, a dit de Victor Hugo que :

« Pour décrire Mahomet, [Hugo] s’imprègne du Coran à tel point qu’on pourrait le prendre pour un fils de l’Islam. »

De même, le membre de l’Académie française Alain Decaux, a déclaré lors d’un discours pour le bicentenaire de la naissance de Victor Hugo :

« La Bible ne répond plus à ses questions. Pourquoi ne pas découvrir le Coran ? Il trouve dans le Coran une idée qui le frappe parce qu’elle est la sienne : ‘L’homme est entouré de Dieu partout’. »

Son admiration pour l’Emir Abd el-Kader et ses silences sur la colonisation

L’auteur des Misérables fait partie de ce groupe d’écrivains qui ne restent pas confinés à la littérature et qui ont toujours participé activement au débat politique et social, tant en tant qu’écrivains, par leurs rimes et leurs métaphores, qu’en tant qu’hommes politiques, utilisant leur éloquence et leur éloquence pour le bien commun.

l'emir AbdelKader

Paradoxalement, Victor Hugo, qui a écrit sur la culture islamique et l’histoire du monde musulman à travers son célèbre livre Les Orientales, n’a consacré aucune de ses œuvres ou discours politiques (il était sénateur entre 1876 et 1885) à la colonisation de l’Algérie, lancée par son ennemi juré Napoléon III.

Malgré cela, l’Emir Abd el-Qader, personnage historique et symbolique de la résistance algérienne contre l’invasion française, est le protagoniste central de son poème Orientale. Le nom de cet émir continue de résonner dans le monde pour ses hauts faits lors de la lutte contre l’invasion française, mais aussi pour sa bonté et son intelligence. Il occupe également une place très importante dans la littérature française, par exemple dans le poème d’Arthur Rimbaud, Jugurtha.

Le poème Orientale montre une représentation complexe d’Abd el-Qader. Victor Hugo le décrit comme un personnage « noble » et « monstrueux », tout en le qualifiant d’émir réfléchi, farouche et doux. A cette description s’oppose celle d’un « homme à l’air perfide », qui n’est autre que Napoléon III. Ce dernier est également représenté par un “loup détesté des mères et des femmes”, tandis que l’émir est décrit comme un « lion », un « tigre », un « hadji » ou un « beau soldat ». Le lion Abd el-Qader semble être considéré par l’auteur comme une personne d’honneur qui se bat et résiste contre le loup Napoléon III, mais qui n’hésite pas à utiliser la violence lorsque cela est nécessaire.

Les orientales

Le poème Orientale de Victor Hugo

Lorsque Abd-el-Kader dans sa geôle
Vit entrer l’homme aux yeux étroits
Que l’histoire appelle — ce drôle, —
Et Troplong — Napoléon trois ;
Qu’il vit venir, de sa croisée,
Suivi du troupeau qui le sert,
L’homme louche de l’Elysée, —
Lui, l’homme fauve du désert ;
Lui, le sultan né sous les palmes,
Le compagnon des lions roux,
Le hadji farouche aux yeux calmes,
L’émir pensif, féroce et doux ;
Lui, sombre et fatal personnage
Qui, spectre pâle au blanc burnous,
Bondissait, ivre de carnage,
Puis tombait dans l’ombre à genoux ;
Qui, de sa tente ouvrant les toiles,
Et priant au bord du chemin,
Tranquille, montrait aux étoiles
Ses mains teintes de sang humain ;
Qui donnait à boire aux épées,
Et qui, rêveur mystérieux,
Assis sur des têtes coupées,
Contemplait la beauté des cieux ;
Voyant ce regard fourbe et traître,
Ce front bas, de honte obscurci,
Lui, le beau soldat, le beau prêtre,
Il dit : « Quel est cet homme-ci ? »
Devant ce vil masque à moustaches,
Il hésita ; mais on lui dit :
« Regarde, émir, passer les haches !
Cet homme, c’est César bandit.
« Ecoute ces plaintes amères
Et cette clameur qui grandit.
Cet homme est maudit par les mères,
Par les femmes il est maudit ;
« Il les fait veuves, Il les navre
Il prit la France et la tua,
Il ronge à présent son cadavre. »
Alors le hadji salua.
Mais au fond toutes ses pensées
Méprisaient le sanglant gredin
Le tigre aux narines froncées
Flairait ce loup avec dédain.
Les Châtiments, Hetzel-Quantin, 1882, O.C. tome 4 (p. 147-149).
Jersey, le 20 novembre.

Cependant, il n’y a aucune mention ou opinion sur la légitimité de ses actions, et s’il y en a une, elle ne se reflète que dans son opposition à Louis Napoléon Bonaparte. D’une part, ce poème véhicule une certaine admiration pour Abd el-Qader, mais, d’autre part, le personnage de l’émir est également utilisé comme une critique féroce de Napoléon III.

Sa relation avec l’émir, qu’il n’a jamais rencontré en personne, ne se limite pas à ce poème. Victor Hugo y fait également référence dans Les Misérables, où il évoque la trahison des Français envers Abd l-Qader après son emprisonnement en 1848, malgré la promesse du gouverneur algérien de le laisser libre s’il se rendait. Il existe également quelques notes de l’auteur parlant d’Abd el-Qader qui ont été retrouvées par la suite.

Du supporteur à l’offenseur, les opinions contradictoires de Victor Hugo.

En définitive, il ne faut pas oublier que Victor Hugo est un auteur du XIXe siècle, marqué par l’orientalisme romantique, et que sa connaissance de « l’Orient » est en fait conceptuelle, puisqu’il n’a jamais visité un pays d’Afrique du Nord ou du Moyen-Orient. De fait, les critiques à son encontre sont nombreuses, notamment pour ses silences sur le colonialisme et ses pensées contradictoires. Contradictions qui, selon l’auteur français Frank Laurant, l’ont amené à justifier ce qu’il appelait les « missions civilisatrices » de la Troisième République, tout en les critiquant comme étant le résultat du colonialisme, qui était pour lui un processus monstrueux et violent pouvant être le début d’une nouvelle barbarie. Et il avait raison…

Dans un discours prononcé le 18 mai 1879, il déclare que la mer Méditerranée constitue une ligne de partage naturelle entre  » la civilisation suprême et […] la barbarie la plus totale « , ajoutant :  » Dieu offre l’Afrique à l’Europe. Prenez-la », pour civiliser ses habitants indigènes.

Cela pourrait expliquer en partie pourquoi, en dépit de son profond intérêt et de son implication dans les questions politiques, il est resté étrangement silencieux sur la question algérienne. Il connaissait les atrocités commises par l’armée française pendant la conquête française de l’Algérie, comme en témoigne son journal , mais il ne les a jamais dénoncées publiquement.

Un lecteur moderne peut aussi se sentir pour le moins perplexe sur le sens de ces lignes tirées de la conclusion du Rhin, chapitre 17, publié en 1842, douze ans après le débarquement des troupes françaises près d’Alger:

Ce qui manque à la France à Alger, c’est un peu de barbarie. Les Turcs […] savaient mieux que nous couper les têtes. La première chose qui frappe les sauvages n’est pas la raison mais la force. Ce qui manque à la France, l’Angleterre l’a, la Russie aussi.

– Victor Hugo, Le Rhin

Cependant, dans Les Misérables, Hugo dit ceci à propos de la conquête de l’Algérie :

L’Algérie trop rudement conquise, et, comme l’Inde par les Anglais, avec plus de barbarie que de civilisation.

Les misérables par Victor hugo

– Victor Hugo, Les Misérables

La biographie de Victor Hugo a été marquée par ses contradictions, du monarchiste au républicain, du défenseur de la nécessité de la « mission civilisatrice de l’Europe » à la critique de la colonisation comme « sale besogne, qu’il vaut mieux laisser aux autres », comme il le dit dans son texte Rhin en 1842.

En conclusion

Ce qu’il faut retenir de ce grand auteur, ce sont les valeurs qu’il défendait, telles que la tolérance, la fraternité, le respect et, surtout, son ouverture au monde, aux autres cultures, et son combat pour la volonté de comprendre “l’Autre”. Une phrase extraite d’une lettre de 1860 adressée à M. Heurtelou, rédacteur en chef d’un journal de Port-au-Prince (Haïti), résume et symbolise cette dimension humaniste : « Sur la terre, il n’y a ni Noirs ni Blancs, il y a des esprits ; et vous êtes l’un d’eux ».

Qui est Victor Hugo ?

Victor Hugo, en abrégé Victor-Marie Hugo, (né le 26 février 1802 à Besançon, France – mort le 22 mai 1885 à Paris), poète, romancier et dramaturge qui fut le plus important des écrivains romantiques français. En France, Hugo est célèbre pour ses recueils de poèmes, tels que Les Contemplations et La Légende des siècles. Hugo a été à l’avant-garde du mouvement littéraire romantique avec sa pièce de théâtre Cromwell et son drame Hernani. Nombre de ses œuvres ont inspiré la musique, tant de son vivant qu’après sa mort, notamment les comédies musicales Les Misérables et Notre-Dame de Paris. Il a produit plus de 4 000 dessins au cours de sa vie et a fait campagne pour des causes sociales telles que l’abolition de la peine capitale. Bien que considéré en France comme l’un des plus grands poètes de ce pays, il est plus connu à l’étranger pour des romans tels que Notre-Dame de Paris (1831) et Les Misérables (1862).

Victor est le troisième fils de Joseph-Léopold-Sigisbert Hugo, major puis général de l’armée napoléonienne. Son enfance est marquée par les déplacements constants de son père dans l’armée impériale et par les désaccords qui éloignent bientôt ses parents l’un de l’autre. Le royalisme de sa mère et la fidélité de son père aux gouvernements successifs – Convention, Empire, Restauration – reflètent leur incompatibilité profonde. C’est une période chaotique pour petit Victor, sans cesse arraché à Paris pour partir à l’île d’Elbe, à Naples ou à Madrid, mais qui revient toujours à Paris avec sa mère, dont il a d’abord adopté les opinions royalistes. La chute de l’empire lui offre, de 1815 à 1818, une période d’études ininterrompues à la pension Cordier et au lycée Louis-le-Grand, après quoi il est diplômé de la faculté de droit de Paris, où ses études semblent avoir été sans but et irrégulières.

Dès 1816, au moins, Hugo avait conçu d’autres ambitions que le droit. Il remplissait déjà des cahiers de vers, de traductions – en particulier de Virgile -, de deux tragédies, d’une pièce de théâtre et d’élégies. Encouragé par sa mère, Hugo fonde un avis, le Conservateur Littéraire (1819-21), dans lequel se détachent ses propres articles sur les poètes Alphonse de Lamartine et André de Chénier. Sa mère meurt en 1821, et un an plus tard, Victor épouse une amie d’enfance, Adèle Foucher, avec qui il aura cinq petits. La même année, il publie son premier recueil de poèmes, Odes et poésies diverses, dont les sentiments royalistes lui valent une pension de Louis XVIII.

Son œuvre aborde la plupart des questions politiques et sociales ainsi que les tendances artistiques de son époque. Son opposition à l’absolutisme et son œuvre littéraire colossale ont fait de lui un héros national. Il a été honoré par son inhumation au Panthéon.

Au cours de sa carrière d’écrivain, Victor Hugo a produit quelques brillants poèmes épiques, dont La Fin de Satan (1886 ; « La Fin de Satan ») et Dieu (1891 : « Dieu »). Parmi les plus célèbres :

La tombe dite à la rose

La tombe dit à la rose figure dans le recueil de poèmes de Victor Hugo de 1837, Les Voix Intérieures. Il s’agit d’un poème romantique relativement typique, qui imagine une conversation entre une tombe anthropomorphisée et une rose. Dans sa simplicité, le poème est d’une poignance unique et, avec son imagerie d’une tombe, de l’aube et de la rosée scintillante, il est comparable à Demain, de l’aube.

La rose dit : – Sombre tombe,
De ces larmes je fais à l’ombre
Un parfum d’ambre et de miel.
La tombe dit : – Fleur plaintive,
De chaque âme qui vient à moi
Je fais un ange du ciel !

L’homme a ri

L’homme a ri figure dans le recueil de poèmes de Victor Hugo de 1853, Les Châtiments. Il a écrit ce recueil au début de son exil de 20 ans, après avoir quitté la France à la suite du coup d’État de Napoléon III en 1851. Hugo se réinstalle d’abord à Bruxelles, avant de s’installer dans les îles britanniques un an plus tard. Il s’installe d’abord à Jersey, où il achève Les Châtiments, qu’il avait commencé en Belgique. Il a ensuite été expulsé de Jersey et s’est installé sur l’île voisine de Guernesey, qui est aujourd’hui associée à l’auteur. Les Châtiments s’en prennent à Napoléon III, dénoncé par Hugo comme « Napoléon le Petit ».

Ah ! tu finiras bien par hurler, misérable !
Encor tout haletant de ton crime exécrable,
Dans ton triomphe abject, si lugubre et si prompt,
Je t’ai saisi. J’ai mis l’écriteau sur ton front ;
Et maintenant la foule accourt, et te bafoue.
Toi, tandis qu’au poteau le châtiment te cloue,
Que le carcan te force à lever le menton,
Tandis que, de ta veste arrachant le bouton,
L’histoire à mes côtés met à nu ton épaule,
Tu dis : je ne sens rien ! et tu nous railles, drôle !
Ton rire sur mon nom gaîment vient écumer ;
Mais je tiens le fer rouge et vois ta chair fumer.

 

Sources :

https://thefrenchroomhome.wordpress.com/2020/05/07/victor-hugo-famous-poems/

https://www.leaders-mena.com/victor-hugo-and-islam/

https://funci.org/victor-hugo-and-his-poetry-against-islamophobia/?lang=en

https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/islam-a-little-known-poem-by-victor-hugo-as-an-antidote-to-islamophobia,4373

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