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La vision de Friedrich Nietzsche de l’islam

Nietzsche et l’islam



Friedrich Nietzsche est un grand philosophe allemand qui est devenu l’un des penseurs les plus importants du XXe siècle.

Il est auteur de plusieurs ouvrages philosophiques reconnus. Nietzsche fut le premier philosophe européen d’importance à se pencher sur l’idée de perte d’une vision religieuse du monde. Néanmoins, il a dédié son existence à soutenir et comprendre l’essence de la religion, qu’il désignait de « plus belle forme d’art ».

Il est connu pour ses accomplissements, alimentés par sa volonté de puissance, autrement dit par son Dionysos, qui consistaient à mettre au jour les fondements de la foi, de la spiritualité, de la divinité, de la moralité et de la philosophie traditionnelles de l’Occident. Il a été l’influence de générations de théologiens, de théoriciens, de philosophes, de psychologues, de poètes, de romanciers et de dramaturge.

Athée et obsédé par le problème du nihilisme et de la « mort de Dieu », il rejette le dieu chrétien, mais il n’est pas pour autant d’avis  » anti-religieux « .

Au contraire, Nietzsche est un grand penseur religieux précisément parce qu’il adopte l’analyse de Schopenhauer de la foi comme une construction intellectuelle qui aborde les problèmes existentiels de la douleur et de la mort, et donne autorité à l’ethos créateur de communauté.

Nietzsche considère le panthéisme dionysiaque comme une solution aux problèmes de la douleur et de la mort, et plaide pour l’épanouissement d’un nouveau « festival », fondé sur une spiritualité d’affirmation de l’humanité modelée sur celle des Grecs anciens.

Nietzsche et son opinion sur l’islam

Nietzsche estime que les religions spirituelles et leurs fondateurs sont d’une nature fondamentalement manipulatrice, l’Islam et Mahomet ne font pas exception. Parfois, l’islam est rejeté de manière générique dans le contexte des religions du monde. Il affirme également que les prières ne sont pas un véhicule spirituel mais plutôt une tactique intelligente pour empêcher l’attention des esprits simples de s’éloigner de leurs pratiques quotidiennes et de s’intéresser à la raison d’être plus profonde de ce qu’ils font.

Sa conception de l’islam se décrit originellement par le terme d’ “une religion qui dit oui”, il pensait que l’identité culturelle est inextricablement liée aux civilisations extra-européennes, en particulier a l’univers islamique.

Bien qu’il n’ait jamais fait référence à aucun verset du Coran, dhikr ou aux hadiths et n’ait jamais visité une nation musulmane, il a dévoré les auteurs orientalistes européens de l’époque. L’intérêt de Nietzsche en la matière et les cultures islamiques et son intérêt marqué pour les études à caractère orientalistes étaient dus aux faits d’utiliser ces cultures comme un baromètre de la différence – une réserve pratique de coutumes et de valeurs allogènes pour saper les prétentions universalistes du christianisme européen et de la contemporanéité.

Une autre raison du fort intérêt et généralement sympathique de Nietzsche pour l’Islam pourrait bien provenir de son inconfort notoire avec l’esprit allemand, une forme de « haine de soi » ethnique et culturel qui, dans les dernières pages de L’Antéchrist, devient un véritable scandale.
Malgré les revendications de Nietzsche concernant sa lignée polonaise, son sentiment d’être un étranger à la sociétè allemande devait prendre une autre forme.

La disposition favorable de Nietzsche envers l’Islam provient du fait qu’il est moins « moderne », émancipé et démocratique, et pas plus.

Il est néanmoins intéressant de noter que les deux poètes allemands préférés de Nietzsche ont tous deux consacré des sections importantes de leurs œuvres à l’Orient islamique.

Il est à savoir que les idées de Friedrich sont en concordances à celles du soufisme, un mystic friedrichisme dérivé des sources scripturaires islamiques. Cela concerne la similitude trouvée entre le surhomme de Nietzsche et l’image de l’homme parfait d’Ibn Arabi, “al insan el kamil”, l’un des penseurs les plus renommés du soufisme.

Ce qui a influencé l’islam de Nietzche

Il est intéressant de voir quel rôle l’Islam et les cultures islamiques jouent dans l’histoire du ressentiment de Nietzsche. Les sociétés islamiques, regroupées bizarrement avec les samouraïs, les nordiques, les centurions et les brahmanes, représentent une compréhension plus pure et, on le sent, plus honnête de ce que sont les êtres humains. Cette idée d’“honnêteté” comme caractéristique distinctive entre l’islam et la mendicité du christianisme sera reprise par Nietzsche.
Cette inclusion de l’Islam dans le catalogue nietzschéen des sociétés européennes plus “honnêtes” offre deux autres points d’intérêt.

Premièrement, les remarques de Nietzsche ne diffèrent pas beaucoup des observations faites par les orientalistes européens pendant tout un siècle sur les Arabes et les musulmans en général. La seule différence de Nietzsche, ironiquement, est qu’il affirme ces préjugés au lieu de les déplorer. Nietzsche, qui n’avait jamais visité un pays musulman et dont le contact le plus proche avec l’“Orient” n’aurait jamais été plus loin que la sensualité “méridionale” de Naples, a dû s’appuyer sur un canon d’orientalistes extrêmement peu fiables pour obtenir des informations sur l’Islam et le monde arabe. Comment interpréter la caractérisation anti-démocratique, misogyne mais également positive de l’Islam par Nietzsche ?

Un deuxième point, qui n’est pas sans rapport, réside dans le fait que l’Islam de Nietzsche est mystique. En partie à cause des noms de personnages et des événements que Nietzsche y associe – Hafiz et les Assassins, les Arabes féodaux et l’Espagne mauresque – et en partie à cause du féodalisme et de la structure sociale dont Nietzsche fait l’éloge parce qu’ils ne sont entachés d’aucune tâche de “civilisation” européenne. Parfois, cette association de l’Islam avec le Moyen ge peut être très explicite. L’Islam, en d’autres termes, n’est pas seulement géographiquement mais aussi chronologiquement en dehors de l’Europe : c’est un concept, qui appartient à l’extérieur de l’histoire.

L’islam, une religion pour les hommes

La caractérisation de l’islam par Nietzsche comme une confession masculine ou « männlich » s’inscrit dans ce courant de pensée. Les raisons les plus évidentes pour lesquelles un Occidental pourrait appeler l’islam “eine Religion für Männer” – en raison de l’attitude perçue à l’égard des femmes dans la société islamique, et des célèbres références documentées aux femmes dans le Coran – ne sont jamais vraiment examinées par Nietzsche. Au lieu de cela, il semble associer l’Islam à la masculinité pour deux raisons différentes mais liées – parce qu’il combat et parce que, contrairement au christianisme “féminin”.

À travers des remarques éparses, on peut déceler une conception militariste de l’Islam de la part de Nietzsche – une appréciation de l’empressement de l’Islam à vanter la défense de la foi (jihad) comme une action juste. Cette conjonction du sacré et du belliqueux semble avoir fasciné Nietzsche qui, au moins dans certains passages, semble avoir vu dans le combat la plus haute affirmation de l’existence.
Il n’est donc pas surprenant que les Assassins attirent l’attention de Nietzsche pour leur combinaison de dévotion d’un autre monde, comme il l’a déclaré :

Als die christlichen Kreuzfahrer im Orient auf jenen unbesiegbaren Assassinen-Orden stießen, jenen Freigeister-Orden par excellence, dessen unterste Grade in einem Gehorsame lebten, wie einen gleichen kein Mönchsorden erreicht hat, […]

Qui se traduit par

Lorsque les croisés chrétiens rencontrèrent en Orient l’invincible ordre des Assassins, cet ordre d’esprits libres par excellence, dont les grades les plus bas vivaient dans une obéissance telle qu’aucun ordre de moines n’a jamais atteint…

la virilité de ces moines-guerriers perses, déchaînés à tout principe ou éthique, est préférée à celle des moines chrétiens “féminins”, enfermés dans les murs étroits de leurs dogmes ascétiques et fuyant le destin. Nietzsche semble s’être intéressé à la possibilité que l’Islam possède une prémisse secrète, fondamentalement amorale, Ces moines-guerriers islamiques, insiste Nietzsche, sont les vrais “esprits libres” et non leurs lâches versions européennes.

L’Islam de Nietzsche, en d’autres termes, est une source d’esprits libres, un système de croyance qui peut produire des colonies de flexibilité morale et éthique.

La générosité de Nietzsche envers ces chevaliers de l’Islam ne s’étend pas à leurs homologues chrétiens.
Le parti pris de Nietzsche pour l’Islam est ici sans honte, et il est clairement motivé par une haine de la chrétienté allemande autant que par un amour de l’Islam chiite ou de l’Espagne mauresque ; si le plaidoyer de l’Islam pour la guerre est considéré comme typiquement affirmatif et noble, l’affirmation tout aussi vigoureuse de la “bataille sainte” par la chrétienté médiévale n’est qu’un “piétinement” de valeurs plus fortes par des valeurs plus faibles.

L’assimilation de Nietzsche de Mahomet à Platon

Nietzsche oppose souvent Mahomet et Platon, il n’est pas suggéré que le premier ait appris quelque chose du second. Les deux personnages sont considérés comme des législateurs originaux et plutôt rusés – des moralisateurs doués qui ont su utiliser des concepts tels que “Dieu” ou “les valeurs éternelles” pour contrôler les consciences et acquérir le pouvoir.
Si Nietzsche nous propose ici le prophète Mahomet comme un Platon arabe, c’est pour trois raisons. Tout d’abord, les deux personnages ont un talent pour la redescription – une capacité singulière à fournir un univers de métaphores différentes, plus attrayantes, pour décrire le monde de l’homme commun. Bien sûr, cela se rapproche quelque peu du stéréotype voltairien du XVIIIe siècle qui présente Mahomet comme un imposteur rusé et manipulateur.
Une fois encore, Nietzsche ne semble pas tant être en désaccord avec l’orientalisme européen, mais plutôt affirmer et célébrer les aspects mêmes de l’Islam qu’ils prétendent déplorer. Deuxièmement, les deux personnages s’intéressent au pouvoir – à la « vérité » comme moyen de pouvoir. Il n’y a rien d’exclusivement islamique ou platonicien dans cette idée de concepts tels que la « volonté de Dieu » ou la « vérité » comme moyen de contrôler les existences des caractères inférieurs.
Enfin, la tentative de Platon de fonder un “État méditerranéen” en Sicile à toutes les connotations d’un Mahomet grec, qui tente d’unir et de contrôler ses compatriotes hellènes de manière similaire que le Prophète, neuf siècles plus tard, rassemblera et forgera une identité pour les Arabes.

En bref

L’islam a historiquement toujours maintenu une position unique d’antagonisme historique à la fois au christianisme européen et à la modernité, les observations positives de Nietzsche concernant l’Islam tombent typiquement dans quatre catégories : La position “non éclairée” de l’Islam sur les femmes et l’égalité sociale, sa “virilité” apparente, son manque de jugement et son attribut positif. Toutes ces déclarations ont un ton de comparaison, comme si l’Islam était une sorte de miroir dans lequel les Européens décadents et myopes pourraient se refléter.

L’islam de Nietzsche est finalement vide : un antichristianisme construit, certes associé à quelques figures et lieux.
L’Islam de Nietzsche ne perd jamais cette fonction combative, antagoniste : L’Islam est incorporé dans le vocabulaire de Nietzsche, adapté et utilisé comme un motif clé dans son argumentation, mais n’émerge jamais comme un objet d’intérêt en soi.

Ses ouvrages théologie

Tout a commencé avec son œuvre « La science gai», cet ouvrage présente le principe nietzschéen fondamental du décès divin, de l’éternelle récurrence et de l’acte de dire « oui » à la vie. Le pouvoir est encore une fois discuté, bien que la théorie de la « volonté de puissance » ne soit pas encore mûre.

Ensuite « Ainsi parlait Zarathoustra » à travers le personnage de ce prophète du moyen orient, la philosophie mature de Nietzsche est pleinement expliquée pour la première fois, et nous sommes également introduits à la notion de surhomme à l’impérialisme.

S’en suivra « La généalogie de la morale », ce travail consiste en une exposition du système de valeurs de l’Occident, comme un système qui capte la liberté de l’homme, affaiblit son existence et sape la connaissance par la foi, l’éthique et la philosophie. Il suggère le rejet de cette  » moralité d’esclave » et soutient l’Übermensch, qui surmontera tous ces obstacles pour atteindre la liberté et la connaissance.

Par la suite son oeuvre brève « Crépuscule des idoles » qui définit la structure fondamentale des pensées religieuses de Nietzsche, notamment le christianisme et son lien avec le ressentiment, et se termine par une section dans laquelle Nietzsche discute de l’accomplissement des anciens sur sa philosophie.

Enfin « L’ antéchrist », son ouvrage où il discute le plus la théologie en comparant a plusieurs reprise l’islam au christianisme, en privilégiant a chaque fois l’islam.

Quelques écrits sur ses opinions

Malgré que l’islam n’était pas un point central de son travail, et nous n’avons pas beaucoup de preuves écrites de ses opinions. Il a porté beaucoup d’intérêt a l’islam et aux prophètes des religions du moyen orient ainsi qu’aux prophète de ses religions, comme peut l’affirmer ses écrits Ainsi parlait Zarathoustra ou encore “l’Antéchrist” où figure l’Islam de multiples façons dans ses écrits, souvent comme un artifice rhétorique plutôt que comme le sujet d’une analyse approfondie.

Christianisme et islam, une comparaison constante

Comparant l’islam au christianisme, il donnait l’avantage à l’islam, on peut dire qu’il pensait que l’islam était “plus pratique” que le christianisme.

Le christianisme qui, selon lui, “nie la vie” et est une “religion de pitié”.

Car selon lui l’islam est une confession« puissante » et “virile” qui traite la vie avec “dureté”

plutôt qu’avec la nature présumée “charmante” de l’Église voici quelques extraits cité dans l’antéchrist:

Si l’Islam méprise le christianisme, il a mille fois raison: l’Islam suppose des hommes pleinement virils…

En soi, on ne devrait même pas avoir à choisir entre l’islam et le christianisme, pas plus qu’entre un Arabe et un Juif. La réponse est donnée d’avance: ici, nul ne peut choisir librement. Soit on est un tchandala, soit on ne l’est pas. ‘Guerre à outrance avec Rome! Paix et amitié avec l’Islam.’

Dans ce passage bref mais extraordinaire, Nietzsche déclare en substance que les musulmans sont “des nôtres”. La culture « ouï – Dire” de l’Espagne islamique est regroupée dans une dimension avec la Renaissance comme une floraison tardive et condamnée de pensée affirmant la vie, avant que le poids somnolent et étouffant du christianisme ne s’abatte sur elle. La proximité de l’association entre Nietzsche et l’islam dans ce texte est particulièrement frappante – plus proche même “que la Grèce et Rome”. L’Islam, dans ce contexte, a presque un air d’Eden, une dernière poche d’innocence nietzschéenne avant la “corruption” des valeurs chrétiennes.
“Guerre à Rome, paix avec l’Islam” : quand on lit de telles affirmations, des propos qui exaltent l’Islam et lui expriment presque une solidarité totale, il est difficile de résister à l’hypothèse tentante : si la rupture de Nietzsche n’avait pas été imminente, nous aurions vu de sa propre plume une œuvre dédiée à l’Islam.

Le christianisme nous a frustrés de la moisson de la culture antique, et, plus tard, il nous a encore frustrés de celle de la culture islamique. La merveilleuse civilisation maure d’Espagne, au fond plus proche de nous, parlant plus à nos sens et à notre goût que Rome et la Grèce, a été foulée aux pieds (…) – Pourquoi? Parce qu’elle devait le jour à des instincts aristocratiques, à des instincts virils, parce qu’elle disait oui à la vie, avec en plus, les exquis raffinements de la vie maure!

L’Islam, omniprésent dans la pensée de Nietzsche

L’islam plane toujours à l’arrière-plan des écrits de Nietzsche, qu’ils soient publiés ou non ; qu’il s’agisse d’une remarque sur les Assassins ou d’une référence à la prétendue épilepsie du Prophète, d’un désir de vivre en Afrique du Nord ou d’un appariement de Goethe avec Hafiz ou de l’éloge de l’Espagne mauresque. Der Antichrist, la dernière œuvre achevée de Nietzsche, où il fait l’éloge de l’Islam, consacre plus d’attention aux ennemis des croisades que n’importe lequel de ses autres livres. Mais il dit très peu de choses sur ce qu’est l’islam, mais seulement sur ce qu’il n’est pas.

Voici un paragraphe d’une lettre personnelle envoyé à sa soeur Elizabeth,

Noch eine letzte Frage: Wenn wir von Jugend an geglaubt hätten, daß alles Seelenheil von einem Anderen als Jesus ist, ausfließe, etwa von Muhamed, ist es nicht sicher, daß wir derselben Segnungen theilhaftig geworden wa ̈ren?

qui se traduit par

Une dernière question : si nous avons cru dès notre jeunesse que tout le salut vient d’un autre que Jésus, par exemple de Mahomet, n’est-il pas certain que nous avons été bénis de la même façon ?

Nietzsche a vingt et un ans lorsqu’il écrit cette lettre à sa sœur. La lettre, comme la plupart des œuvres de Nietzsche, n’a rien à voir directement avec l’Islam. Pourtant, à la recherche d’une métaphore alternative pour exprimer ce qu’il ressent comme la nature provinciale du christianisme, Nietzsche utilise le nom de Mahomet. Cette utilisation de l’islam comme outil de provincialisation et de réévaluation de la « maladie européenne » de la modernité judéo-chrétienne devait se répéter dans les œuvres de Nietzsche avec une fréquence surprenante.

Un contact personnel étroit avec les hommes musulmans, selon lui, était le meilleur moyen de comprendre et de respecter la propre tradition spirituelle de l’Europe et de démêler son dilemme de valeurs.

Dans une lettre à un ami, Nietzsche a déclaré qu’il voulait non seulement apprendre à connaître l’Islam, mais aussi le type d’Islam le plus conservateur, afin de pouvoir regarder sa propre âme européenne dans le miroir et comprendre la décadence des idéaux européens qui se détériorent et de mieux comprendre les traditions spirituelles. Dans la lettre, il déclare :

Fragen Sie meinen alten Kameraden Gersdorff, ob er Lust habe, mit mir auf ein bis zwei Jahre nach Tunis zu gehen […] Ich will unter Muselmännern eine gute Zeit leben, und zwar dort, wo ihr Glaube jetzt am strengsten ist: so wird sich wohl mein Urtheil und mein Auge für alles Europäische schärfen

qui se traduit

Demandez à mon vieux camarade Gersdorff s’il veut aller à Tunis avec moi pour un ou deux ans […] Je veux vivre parmi les musulmans pendant un bon moment, et même là où leur foi est maintenant la plus stricte : cela aiguisera probablement mon jugement et mon œil pour tout ce qui est européen

Ce qui est intéressant, cependant, ce n’est pas seulement la durée considérable du séjour proposé par Nietzsche, mais aussi sa détermination à faire l’expérience de l’environnement le plus conservateur que l’Islam puisse offrir. Il y a ici une fascination typiquement nietzschéenne pour les extrêmes que l’Islam d’Afrique du Nord, selon Nietzsche, est capable de fournir – un désir de pousser à la limite les sensibilités européennes qu’il a cultivées, de sorte que leur rupture globale dans un contexte étranger puisse permettre un type de savoir radicalement nouveau. Non pas tant une meilleure compréhension de l’Islam, mais l’Islam comme moyen d’une meilleure compréhension de soi. L’attitude de Nietzsche à l’égard de l’Islam – en fait, à l’égard de la plupart de ce qu’il appelle l’“Orient” ou le “Morgenland” – conserve presque toujours cette fonction épistémologique ultérieure.

Malgré son ambition il n’a jamais vécu avec dans un environnement musulman. Les spécialistes pensent que s’il n’était pas devenu “fou” à un âge aussi précoce, il aurait finalement publié un livre plus concentré sur l’Islam.

Conclusion

En conclusion, sa perspective sur l’Islam, sont fondés sur un certain nombre de clichés. Sa préoccupation pour le dessein d’emprise a influencé sa compréhension de l’Islam, l’amenant à louer l’Islam pour sa “masculinité”, son “esprit non démocratique”, sa discipline ordonnée et “sa determination d’affirmation de la vie”.
Donc les questions qui se posent sont : que représente l’Islam de Nietzsche ? Est-il fondé seulement sur la critique du christianisme? Mahomet est-il un prophète épileptique ou un guerrier féroce ? Peut-il être considéré comme une copie exacte de la tromperie judéo-chrétienne ou d’une foi totalement merveilleuse et porteuse de noblesse ? Quels sont les base sur lesquelles est construit l’islam ? Sur l’obéissance et le contrôle, ou sur la joie et la célébration? De telles questions sont rendues sans intérêt par le manque de substance de Nietzsche et l’absence d’un essais où il analyse les éléments de l’Islam. Mais comme en témoigne L’Antéchrist, finalement l’intérêt pour l’Islam qui est finalement symbolique.

Références:

Almond, I. (2003). Nietzsche’s Peace with Islam: My Enemy’s Enemy Is My Friend. German Life and Letters, 56(1), 43–55. doi:10.1111/1468-0483.00242

Groff, P.S. (2010). [Review of the book Nietzsche and Islam]. Philosophy East and West 60(3), 430-437. doi:10.1353/pew.0.0114.

https://www.ispu.org/what-would-nietzsche-say-about-europes-islam-crisis/ (visité le 12/07/2021)

Weaver Santaniello (2007) Nietzsche’s Philosophy of Religion, Ars Disputandi, 7:1, 136-138, DOI: 10.1080/15665399.2007.10819958

Citations et témoignages

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